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Oui au « bisounours management » !

J’ai publié ce matin un post à propos d’un article lu dans Le Figaro Economie portant sur la bienveillance et le décalage que les salariés remontent entre leur vécu et ce qu’affichent leurs entreprises. En un mot, plus une entreprise semble mettre la bienveillance en avant et moins elle est réellement vécue en interne.
Cela fait écho pour moi à une phrase souvent entendue chez des clients : « on n’est pas des bisounours !!! ». Sous-entendu : « nous, on est des durs, des vrais, des poilus… ».

Certes. Et je trouve cela dommage. Pourquoi ? Parce que cela explique peut-être en partie le désengagement actif d’un grand nombre de salariés, et dont le pourcentage croît chaque année, en France.
Qu’est-ce qu’un bisounours ? Au-delà d’une boule de poils vedette sur les petits écrans dans les années 80, un bisounours est un symbole : celui de l’Amour au sens de la Philia de Platon. L’Amour de l’esprit de l’autre. Une vision du monde qui accueille le prochain dans un élan de crédit d’intention et de lecture positive de ses actes. Il suffit de se référer à quelques valeurs prônées par les bisounours : la confiance, le respect de sa propre parole et d’autrui, le partage, l’entraide et le pardon.
Si être un manager bisounours signifie être un manager qui accorde sa confiance à son équipe, qui respecte sa parole et respecte les autres (ses pairs, ses collaborateurs, son management), est collaboratif et prêt à donner un coup de main et, surtout, promeut le droit à l’erreur, alors je rêverais d’être un bisounours. Et je crois profondément que bon nombre de salariés aimeraient être managés par un bisounours.

Ce propos peut sembler naïf et il l’est sûrement un peu : je suis de ceux qui croient qu’il faut une part de rêve pour avancer. Néanmoins, en discutant avec des opérationnels et des managers de première ligne ou intermédiaires, il m’apparaît de plus en plus qu’il suffirait d’un peu plus de reconnaissance de leur compétence par l’entreprise et son management pour libérer pleinement leur énergie et créer encore plus d’engagement. je ne pense pas que les collaborateurs ne soient pas engagés, je crois qu’ils expriment une forme de lassitude dans les enquêtes liée aux murs qu’ils rencontrent pour faire leur métier. Ces murs viennent des excès du contrôle dans l’entreprise aujourd’hui : toujours plus de reporting, toujours plus de processus et d’organisation, des consignes qui enferment de plus en plus et bien sûr de moins en moins de confiance. Bref, les entreprises françaises souffrent d’un manque de bisounours et cela limite la capacité de leurs salariés à exprimer pleinement leur engagement.

Un premier pas pourrait être que chacun d’entre nous s’autorise à être un peu plus bisounours. Faites le test : accueillez les demandes et initiatives de vos collègues, collaborateurs ou managers avec bienveillance et crédit d’intention. Faites leur confiance. Et voyez ce qu’il advient…
Du fond du cœur, je vous souhaite plein de bisounours dans votre parcours professionnel ! Et promis, la prochaine fois, je vous parlerai de Oui Oui…

 

Thibault Chêne

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